Safran — Crocus sativus (Kesar)

Safran (Crocus sativus)

Trois stigmates rouges par fleur, deux cent mille fleurs pour un kilogramme : le safran est l'épice la plus précieuse du monde. La tradition indienne le nomme Kesar et le tient pour une matière de lumière, associée depuis toujours à l'éclat du teint.

À noter : les informations relatives à la tradition ayurvédique sont données à titre culturel et historique. Elles ne constituent pas des allégations thérapeutiques et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

La plante

  • Nom latin : Crocus sativus
  • Nom indien : Kesar, Keshar
  • Nom commun : Safran, or rouge
  • Famille : Iridacées
  • Origine : Moyen-Orient, cultivé au Cachemire depuis l'Antiquité

Le safran vient d'une petite plante bulbeuse de la famille des Iridacées, cultivée depuis plus de trois mille ans. Chaque fleur mauve, éclose à l'automne, ne porte que trois stigmates rouges : il en faut près de deux cent mille pour un kilogramme de safran sec.

La récolte se fait à la main, au petit matin, avant que le soleil n'ouvre les corolles ; les fleurs sont émondées dans la journée. Cultivé au Cachemire depuis l'Antiquité, le safran de ces hauts plateaux est réputé pour l'intensité de sa couleur et de son parfum.

Dans la tradition ayurvédique

Dans la tradition ayurvédique, le safran est rangé parmi les substances précieuses que l'on associe à la lumière. Les textes classiques lui attribuent la faculté d'harmoniser les trois doshas.

Dans les rituels de beauté

  • Il tient une place centrale dans les préparations nuptiales indiennes : mêlé au lait et à la poudre de santal, il était appliqué sur le visage des futures mariées pour illuminer le teint.
  • Quelques filaments suffisaient : le safran se compte en pincées, jamais en cuillères.

Un pigment sacré

  • Sa couleur a donné son nom à la teinte safran des robes monastiques.
  • Cette nuance symbolise le renoncement et la pureté, dans l'hindouisme comme dans le bouddhisme.

Propriétés cosmétiques

Pour la peau

Le safran est avant tout un ingrédient d'éclat. Il est riche en caroténoïdes, au premier rang desquels la crocine, le pigment qui lui donne sa couleur rouge orangé. Ces composés antioxydants aident à protéger la peau des agressions extérieures.

  • Il unifie l'aspect du teint, ravive l'éclat des teints ternes et atténue la visibilité des taches pigmentaires.
  • Ses caroténoïdes antioxydants limitent l'apparence des ridules.
  • Il apporte du confort aux peaux sensibles et apaise les rougeurs passagères.

Quelles peaux ? Peaux ternes, marquées par des irrégularités de teint, matures ou sensibles.

Pour les cheveux

Le safran est peu employé en soin capillaire, mais il entre dans quelques préparations traditionnelles, pour son parfum et sa couleur.

  • Laissé dans une huile tiède, il parfume délicatement la chevelure.
  • Il apporte de la brillance aux longueurs en dernière eau de rinçage.
  • Il complète les colorations végétales en réchauffant leurs reflets.

Quels cheveux ? Tous types de cheveux, en usage occasionnel.

Quelle partie de la plante utilise-t-on ?

On n'utilise que les stigmates : les trois filaments rouges du pistil, détachés à la main puis séchés. Ils réunissent à eux seuls la crocine, le safranal et la picrocrocine, c'est-à-dire la couleur, le parfum et l'amertume de l'épice. Une fois secs, ils sont laissés dans un liquide chaud — lait, eau ou huile — qui en tire la couleur, ou réduits en poudre. Quelques filaments suffisent à teinter une préparation.


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